• Sommaire

    • [+]Préliminaires (3)
    • [—]Introduction (4)
    • [+]Amérique latine (13)
    • [+]Afrique subsaharienne (9)
    • [+]Monde arabe (11)
    • [+]Russie (11)
    • [+]Inde (11)
    • [+]Chine (9)
    • [+]Conclusions (6)
    • [+]Annexes (1)

Introduction

Amérique latine

La méthodologie

Les éléments décrits précédemment nous ont conduits à définir une approche hétérodoxe et pragmatique, et ce, à tous les niveaux. Tout d’abord, en ce qui concerne l’information, nous avons eu recours à une pluralité de sources. L’étude à peine commencée – en octobre 2010 –, nous avons distribué un questionnaire en ligne en guise d’enquête préliminaire. En février 2011, 120 éditeurs, libraires, bibliothécaires, agents, programmeurs et distributeurs de l’ensemble du monde en développement avaient communiqué leurs réponses et leurs points de vue à propos de l’édition électronique dans leur pays. Le formulaire est toujours actif, et accessible en cliquant sur ce lien hypertexte. Les graphiques et les tableaux obtenus au cours de l’enquête se trouvent dans l’annexe, à la fin du rapport [1].

En plus de diffuser le formulaire, nous avons mené une trentaine d’entretiens approfondis, dont un grand nombre fera partie d’un blog consacré à l’édition indépendante à l’ère du numérique. À Francfort (octobre 2010), São Paulo (décembre 2010), Londres (décembre 2010), Ouagadougou (décembre 2010) et à Buenos Aires (février 2011), la possibilité de travailler en face à face avec certains des éditeurs consultés a été déterminante.

En ce qui concerne la bibliographie, il faut admettre que les livres disponibles sur le sujet ne nous ont pas été d’une réelle utilité. Comme nous l’avons déjà signalé, tout texte concernant l’édition électronique publié avant 2008 fait déjà figure de relique. De sorte que nous avons plutôt recouru à un ensemble abondant d’articles et de papers, la majorité provenant de sources en ligne, et consultables en note de bas de page.

Le dynamisme du domaine étudié est tel que nous avons opté pour une publication des résultats – toujours provisoires – au format numérique, d’une part pour la facilité d’accès qui caractérise le web, d’autre part pour la possibilité que cela présente d’intégrer des hyperliens dans le texte et d’échanger des commentaires avec les lecteurs. De cette manière, nous espérons que les professionnels intéressés pourront apporter leur contribution par de nouvelles informations, perspectives différentes et autres commentaires enrichissant d’autant l’étude originale qui réussira ainsi – du moins pour un temps – à échapper au destin de ces livres cristallisés au format imprimé, et aujourd’hui obsolètes.

Au vu du volume gigantesque d’informations existantes, nous avons limité l’investigation à six grandes zones géographiques : 1) Amérique latine ; 2) Afrique subsaharienne ; 3) Monde arabe ; 4) Russie ; 5) Inde ; 6) Chine. Dans cette liste sont inclus aussi bien les pays émergents du groupe BRIC que d’autres nations de moindre croissance. Évidemment, notre sélection laisse de côté un nombre élevé de pays qui – comme l’Indonésie, le Pakistan ou la Mongolie – pourraient présenter des exemples remarquables d’édition électronique. Dans une certaine mesure, quelques-unes des tendances dégagées pour les zones étudiées pourront servir de point de départ pour aborder les pays d’Asie dont les liens économiques, culturels, politiques et religieux avec l’Inde, la Chine ou la Russie sont considérables. En tout état de cause, cette analyse sera remise à une occasion ultérieure. Le lecteur observera en outre qu’au sein des zones sélectionnées certains pays ne sont pas mentionnés, alors que d’autres – comme l’Afrique du Sud, pour la région subsaharienne – bénéficient d’un traitement in extenso. Cela est dû à la manière particulière dont nous avons sélectionné les sources, qui est bien loin d’épuiser la riche diversité des cas possibles. Ici aussi, nous pourrions avancer que les expériences décrites valent comme tendances régionales, dans la mesure où les problématiques qui s’articulent dans un pays africain, arabe ou latino-américain présentent plus de similarités avec celles de leurs voisins respectifs qu’avec celles des États-Unis ou de l’Europe. Ceci étant, répétons-le, les pays qui ne sont pas mentionnés devront faire l’objet d’investigations ultérieures.

Nous nous sommes efforcés de prêter attention à des cas réels d’édition numérique, aux technologies impliquées, ainsi qu’aux difficultés que rencontrent dans leur migration vers le numérique les acteurs venant du secteur de l’édition traditionnelle. Le lecteur observera qu’à diverses occasions nous avons décrit la situation de l’e-commerce local, y compris en ce qui concerne des produits qui ne sont pas électroniques, le sujet nous paraissant un antécédent crucial pour la problématique étudiée. À l’inverse, puisque nous nous sommes limités à l’édition de livres et de revues, nous n’avons pas mené de recherches approfondies dans d’autres branches qui, comme l’édition de bulletins d’information ou l’e-learning, mériteraient une étude à part.

Dans notre traitement de chacune des régions, nous avons généralement préféré une approche descriptive à une prise de parti, convaincus qu’exposer les faits en donnant à entendre la voix des acteurs locaux constitue en soi un engagement suffisamment fort. De fait, aborder la réalité du Sud dans une autonomie, et non comme le reflet imparfait du Nord, peut déboucher sur des perspectives tout à fait nouvelles.

De la même manière, nous nous sommes gardés le plus possible d’émettre des proclamations simplistes, qui ne contribuent pas nécessairement à élaborer des grilles d’analyse fructueuses. Dans le cadre du sujet qui nous occupe, il est toujours tentant d’asséner des affirmations comme : « Le software utilisé par le Sud devrait toujours être open source pour lutter contre les corporations », ou « il ne faut pas utiliser la technologie du Nord », etc. Des mots d’ordre de ce genre ne manquent pas d’intensité, mais sont difficiles à prouver a priori. Il serait éventuellement intéressant de mener une recherche pour déterminer quel logiciel open source se révèle avantageux et dans quels cas, quelle technologie en provenance du Nord il convient d’utiliser, et quelle autre non, de quelle manière, etc.

Tout au long du développement de l’enquête, nous avons intégré bon nombre de propositions à l’intention de l’Alliance internationale des éditeurs indépendants et de la Fondation Prince Claus, propositions qui seront reprises et développées dans la dernière section de cette étude. Toutes ces recommandations sont régies par le même principe : examiner la situation des régions en développement dans leur spécificité, de façon à dégager leurs potentialités authentiques. Selon nous, les régions du Sud n’ont besoin d’aucune « mise à égalité » opérée à partir de l’extérieur. L’égalité, ici, n’est pas la finalité, sinon le point de départ, dans la mesure où toutes ces régions disposent d’énormes forces intrinsèques. Ainsi, l’objectif serait bien plutôt de contribuer, de l’intérieur, à ce que les entrepreneurs du Sud entrent avec succès dans un rapport de concurrence avec leurs collègues du Nord, voire même les dépassent.

Notre étude sera donc divisée comme suit. Chacune des sections peut être consultée séparément, mais elles prennent tout leur sens si on les lit dans l’ordre suivant :

  1. Amérique latine
  2. Afrique subsaharienne
  3. Monde arabe
  4. Russie
  5. Inde
  6. Chine
  7. Bilan, propositions et plan d’action

Notes    
  1. Il faut préciser que les résultats de notre enquête ont une valeur de pure orientation. Pour obtenir des tendances fermes, l’échantillon devrait être plus grand et plus diversifié. Par exemple – pour des raisons que nous expliquerons dans la section correspondante –, nous n’avons reçu aucune réponse de la part des éditeurs de Chine continentale. Quoique les données quantitatives soient très provisoires, l’enquête fait cependant apparaître des aspects intéressants d’un point de vue qualitatif.
Amérique latine

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