• Sommaire

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    • [+]Introduction (4)
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    • [+]Afrique subsaharienne (9)
    • [+]Monde arabe (11)
    • [+]Russie (11)
    • [—]Inde (11)
    • [+]Chine (9)
    • [+]Conclusions (6)
    • [+]Annexes (1)

Inde

Les efforts du secteur public : dépôts scientifiques, bibliothèques virtuelles et dispositifs de consommation massive

Si, comme nous avons tenté de le décrire, les plate-formes commerciales indiennes font preuve d’un notable dynamisme, les sites en accès libre ne sont pas en reste.

En premier lieu, on trouve des centaines de dépôts institutionnels construits à partir de software libre – en particulier EPrints et DSpace. Une quantité considérable de ces portails hébergent des textes qui traitent de sciences appliquées et visent à donner une visibilité à l’abondante production académique indienne par le biais de l’open access [1]. Le dépôt du ministère des Sciences de la Terre en est un premier exemple. Sur initiative gouvernementale, sont compilés dans ce dépôt articles scientifiques, conférences, livres, thèses et rapports, surtout en PDF. Le dépôt de l’Institut indien d’astrophysique, pour sa part, dispose de plus de 5.000 titres répartis en une dizaine de collections. Finalement, le dépôt des publications online, qui dépend de l’Institut national de la communication scientifique et des ressources de l’information (NISCAIR) réunit presque 10 000 articles académiques provenant d’une vingtaine de journals rédigés en anglais et en langues indiennes.

En plus des sites proposant du matériel scientifique, on trouve des portails qui hébergent textes, images et autres témoignages du patrimoine culturel du pays. L’un d’entre eux est la bibliothèque numérique du Panjab qui, depuis 2003, a scanné des millions de pages et offre aux visiteurs l’opportunité d’accéder à des manuscrits, des livres, des revues, des journaux et des photographies de toute beauté et d’une grande valeur historique, en provenance de cette région. En novembre 2004, on pouvait lire dans le Times de l’Inde :

La bibliothèque numérique du Panjab a placé les fragiles pages jaunies, couvertes d’une calligraphie enchevêtrée, dans la machine du temps, et a appuyé sur le bouton de l’éternité [2].

La bibliothèque dispose d’un espace ouvert pour les collaborateurs volontaires désireux de participer aux tâches de numérisation, de développement IT et de collectes de fonds [3].

Enfin, cela fait déjà des années que l’Institut indien des sciences, basé à Bangalore, numérise des livres en anglais, hindi, sanscrit, et autres langues locales. Cette ambitieuse initiative, destinée à constituer la bibliothèque numérique de l’Inde, fait partie du Million Book Project, un projet d’archives universelles parrainé par l’université Carnegie Mellon aux États-Unis. En février 2011, le portail de la bibliothèque numérique de l’Inde ne fonctionnait pas correctement [4] et les textes devaient être consultés sur des sites miroirs [5].

L’essor des dépôts scientifiques et des bibliothèques virtuelles est une manifestation des efforts engagés par l’État indien pour réduire la fracture numérique. Cette volonté se manifeste également à travers les nombreuses initiatives de production et de distribution massives de hardware. En effet, dans les localités les plus petites, il n’y a souvent ni ordinateurs, ni connexion fixe pour accéder aux contenus web. En juillet 2010, le ministère du Développement des ressources humaines indien a présenté le prototype d’une tablette conçue pour les étudiants. Son coût, 35 dollars, est de plusieurs fois inférieur à celui d’iPad d’Apple [6]. Selon certaines sources, ce dispositif symbolise la réponse indienne aux ordinateurs portables à 100 dollars de OLPC [7]. L’initiative a déclenché une vive polémique dans les médias locaux et internationaux, en particulier parce qu’en d’autres occasions le gouvernement indien avait fait des déclarations tonitruantes concernant des dispositifs de diffusion massive, qui n’avaient pas été suivies d’effet [8]. Quoi qu’il en soit, il est indéniable que la distribution massive de hardware fait bel et bien partie des plans de l’État, et il faudra prêter à l’avenir une attention particulière aux progrès qui seront faits en la matière.


Notes    
  1. Cf. Ghosh, S.B. et Kumar Das, Anup : “Open access and institutional repositories – a developing country perspective: a case study of India”, World Library and Information Congress: 72nd IFLA General Conference and Council, 2006.
  2. Cf. “Media Room”, Panjab Digital Library.
  3. Cf. “Volunteer”, Panjab Digital Library.
  4. Cf. http://www.dli.ernet.in/.
  5. Cf. par exemple : http://www.dli.cdacnoida.in/.
  6. Cf. Halliday, Josh : “India unveils world’s cheapest laptop”, Guardian.co.uk, 23 juillet 2010.
  7. Cf. “India unveils prototype for $35 touch-screen computer”, BBC News, 23 juillet 2010.
  8. Cf. Roy, Prasanto K. : “Why India’s $35 computer joke isn’t funny”, The Economic Times, 26 juillet 2010.

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