• Sommaire

    • [+]Préliminaires (3)
    • [+]Introduction (4)
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    • [+]Chine (9)
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Monde arabe

Paiements électroniques : entre web et téléphones portables

Une autre caractéristique qui trace une ligne de partage entre le monde arabe et les pays du Nord, est la faible prédisposition des internautes de cette région pour réaliser des achats en ligne [1], ce qui explique sans doute pourquoi aucun des sites de vente en ligne orientés vers les utilisateurs de PC du marché intérieur n’a connu un franc succès. Ramy Habeeb en parle sans ambages :

Malheureusement, en termes généraux, on n’est pas habitué dans cette région à acheter quoi que ce soit via le web. Online est devenu synonyme de gratuit – les gens ne sont tout simplement pas prêts à payer pour des contenus. Ce phénomène varie d’un pays à l’autre, il faut donc en réalité se garder de généraliser. Les pays du Golfe, comme l’Arabie Saoudite, le Koweït, le Qatar, les Émirats arabes et le Bahreïn ont plus tendance à acheter en ligne. Mais si l’on observe le Levant, l’Égypte, la Jordanie et le Liban, difficilement on y achète quelque chose en ligne. Quant à la Syrie, zéro (…). Mon intuition me dit que cela est dû au peu d’habitude qu’ont les gens de payer par carte sur Internet [2].

Comme en Afrique subsaharienne, dans le monde arabe, ce sont les téléphones mobiles, plus que le web, qui peuvent devenir les véritables protagonistes du commerce électronique. Parmi les compagnies de télécommunication locales qui ont déjà parié sur le système de paiements par téléphones portables, mentionnons Etisalat et Zain. La première, basée dans les Émirats arabes unis, propose un service de transfert d’argent par téléphone qui, selon le portail de la compagnie, s’inscrit dans une vaste stratégie de m-commerce [3]. Zain, apparue au Koweït en 1983, est aujourd’hui présente dans 7 pays de la région. En janvier 2011, elle a présenté en Jordanie sa plate-forme de porte-monnaie mobile [4].

Les systèmes de paiement par le biais du téléphone portable vont à coup sûr continuer de s’étendre dans tout le monde arabe et joueront un rôle crucial pour la viabilité économique de nombreux projets d’édition numérique.


Notes    
  1. Une étude récente révèle que seulement 32 % des habitants du monde arabe ont l’habitude d’acheter des produits et des services via Internet, contre 62 % au Royaume-Uni. Presque la moitié des personnes interviewées venaient des pays du Golfe – disposant donc d’un meilleur pouvoir d’achat –, et très peu du Maghreb (13 %) ou du Levant (7 %), où les habitudes de consommation numérique tendent à être encore plus limitées. Cf. “Media consumption & habits of MENA Internet users”, Effective Measure-Spot On PR, septembre 2010.
  2. Décembre 2010, auparavant cité.
  3. C’est-à-dire le commerce via les téléphones portables. Cf. “Etisalat Mobile Money Transfer Service”, Etisalat.
  4. Cf. “Mobile commerce comes to the Middle East: ‘Zain E-mal’ mobile wallet service is launched”, Zain, 30 janvier 2011.

1 Commentaire

  1. thierry quinqueton

     /  27/08/2011

    Au dela des technologies de circulation des savoirs, l’attention portée dans l’étude à la façon dont sont appropriées par les gens les différentes possibilités de paiement numérique (internet avec carte de credit, par téléphone mobile) est très riche pour voir comment pourraient se développer l’édition numérique. Les autres partenaires de la chaine du livre (bibliothèques, librairies, par exemple) n’auront probablement la même approche.

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